Les règles du choc
Huygens a critiqué la physique de Descartes depuis le commencement de ses recherches sur le choc des corps, entre 1652 et 1656. Toutes les règles données par le philosophe français sont fausses, dit Huygens, sauf la première. Évitant, comme Descartes, d’abuser du concept de force interne dans la description de différents corps se « rencontrant » dans l’impact, Huygens parvient à calculer les vitesses résultantes après le choc. Si a, b et c , sont respectivement la quantité de matière dans A, dans B, et la vitesse de A avant l'impact, et si x est la vitesse de A après l'impact, on obtient la relation :

Huygens a réalisé une expression calculable de x seulement après avoir essayé de voir ce que pouvait donner l’application de la conservation du mouvement au sens de Descartes (mv). Puis, essayant de trouver une loi de conservation, il a l’idée de modifier le principe cartésien en prenant non pas la vitesse, mais son carré, dans l’équation générale des forces engagées dans le choc. Cette quantité mv2 a joué un rôle considérable dans le système de Leibniz et dans la physique de l'énergie, mais elle était en fait chez Huygens le produit d’une hypothèse algébrique, sans signification physique particulière, qui permettait de conclure à une conservation des forces (vires). Dans ses lettres très précoces à Mersenne, Huygens a commencé à résoudre quelques problèmes mécaniques (oscillation, centre de la gravité, principe de l’accélération uniforme des corps dans le vide). Le grand livre de Christiaan Huygens, qui est l’Horologium Oscillatorium (1673), expose après vingt années de recherches mécaniques l’ensemble des résultats qui, selon notre savant, contribuent à « perfectionner l’œuvre magnifique de Galileus ».

